C'est kôa ?

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Le blog d'une blonde, chef de service pour...

Raconter, rire, pleurer du quotidien du travail social merdique, rude, désorganisé, éprouvant...

 Aimer, me moquer, admirer, soufrir avec les miens et ceux qui m'entourent

Essayer, écrire, dessiner, raconter, rencontrer.

et lacher les chiens, déconner, fustiger pour mieux défouler !

Alice

Les enquêtes de Thierry Bonika

Roman policier en cours d'écriture, enfilant les lieux communs du genre pour le plaisir d'écrire et par défis aussi ;-)

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Pour les lettres d'amour

Allez ! siou plaît.....

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Projet - stérone

Courage, la lecture va être fastidieuse... mais le vrai message est à la fin !!!! si si croyez-moi....

Aujourd'hui je présente mon bébé. Cà fait 9 mois que je le bichonne, que je le fait grandir que je saoule tout le monde en montrant les photos : mais si là.... c'est là, regardez-bien, incroyable comme il va être grand, et regadez, il a déjà tous ses attributs !!!!


Je me balade avec tout çà en avant depuis si longtemps que çà va me faire tout drôle de ressortir tout à l'heure avec tous mes kilos en moins.


J'ai tout préparer : la déco, la salle de bain, tous les lieux pour être bien.


Bien sûr je me suis inquiétée, beaucoup même quand à quatre mois on m'a dit qu'il y avait un problème. On m'a même proposé de tout arrêter. Je n'y croyais pas. ...

Et puis petit à petit c'est devenu une réalité, tout le monde s'est entousiasmé, on s'est tous mis à y croire.


J'ai fait mes 7 séances d'accompagnement avec une spécialiste : vidéo à l'appui, toutes les techniques possibles et imaginables, soins, et discussion sur ce que je souhaitais, ce qui me faisait réfléchir, en quoi cela me paraîssait compliqué.

Oui, les dernières semaines ont été laborieuses. Je me traine un peu. C'est lourd finalement tout çà. Et puis la fatigue aussi... L'appréhension, est -ce que cela va être douloureux, et ensuite ?

C'est surtout que je ne dors plus très bien depuis plusieurs semaines.


Alors aujour'hui c'est le grand jour !

Oui j'ai rendez-vous... J'avais peur que çà se passe au détour d'un couloir, un peu prise au dépourvu et j'ai eu peur de paniquer... Alors j'ai pris rendez-vous, c'est pas très courageux mais au moins je suis sûre que le grand ponte qui m'a suivie sera là aussi.

J'ai tout préparé : dans ma valise il y a bien sûr le dossier indispensable, celui avec tous les renseignements et puis les bricoles aussi, les idées tendres que j'ai pour lui. J'ai l'essentiel et le superflu, quelques petites choses pour moi aussi, mais ce n'est pas très important.


Quand je suis arrivée dans le hall, j'ai été tout de suite prise en charge par la personne de permanence. Je me suis présentée, j'ai bien vu à son oeil qu'elle m'attendait. Je me suis sentie rassurée. Elle m'a installée dans la salle d'attente avec les plantes vertes et m'a dit qu'on allait venir s'occuper de moi. J'ai mis mes mains sur celui qui m'a accompagnée depuis 9 mois, dans quelques heures il ne m'appartiendra plus.

« Vole mon ange » ais-je pensé, maintenant tu vas pouvoir grandir. Je serais toujours là pour toi, tu pourras toujours te reposer sur moi.


Enfin la porte s'est ouverte, le grand ponte est apparu tout sourire

- «  ! Ah Madame jebossedanslesocial, alors c'est le grand jour ? »

Moi je n'en menais pas large, faut dire qu'on a franchement l'impression d'être toute nue à ce moment là.

- « Entrez, il a dit et surtout installez- vous confortablement....En forme ? ». Ben « A ton avis » j'ai eu envie de lui répondre... mais je n'ai rien dit.  Puis tout s'est enchainer très vite. Je crois qu'il y a eu un problème ...

Je me souviens parfaitement de la coupe de champagne qu'ils m'ont branchée en perfusion et le grand ponte m'a demandé si je souhaitais des petits fours pour ne plus avoir mal. Je crois que j'ai pris une tartelette à la cerise. J'avais bien louché sur le chou chantilly mais vraiment j'avais l'estomac au bord des lèvres et puis franchement le liquide à bulle qui commençait à se répandre dans mes veines me rendait plus très sûre de ce que je pouvais supporter.

- " Allez Madame jebossedanslesocial, c'est à vous. On y va, allez poussez... »

 

Et j'ai tout laché : les lois, l'objectif, les financements possibles, ce et ceux pourquoi c'était impératif, mes besoins, ceux des usagers. Il n'y avait plus rien autour de moi, juste leurs yeux me regardant, oui c'est bien, j'y arrive me suis-je dis.

J'ai fait une pose, j'étais un peu essouflée, j'ai rappuyé sur la pompe à champagne et j'y suis retournée : comment je voyais les chose, l'équipe à mettre en place, les objectifs à 2-5 et 10 ans, le nombre de lits, les échéances.

Dans un dernier élan, j'y ai mis toutes mes trippes : les trois jeunes dont je ne sais que faire dans le service actuel, les demandes que j'ai en attente, la pression des parents et l'impossibilité pour moi de ne rien faire.

Il y a eu un grand silance, puis il était là, sur la table, devant moi : 142 pages reliées avec une jolie couveture bleue, mon projet. D'une main tremblante, j'ai coupé le cordon et je l'ai tendu à directeur de la DDASS présent à mes côtés.

Alors je me suis laissée aller en arrière. J'étais tellement heureuse, j'y était arrivée. Je l'ai regardé comme si c'était la première fois.

Le grand ponte m'a regardée bien en face et m'a sourit !

- « Et bien Madame Jebossedanslesocial, vous nous avez fait un beau bébé hein ? »


Et j'ai eu envie de lui mettre ma main dans la figure.

Il venait de réusmer en une seule phrase tout ce contre quoi je me bats depuis 10 ans : L'affectif dont nous les femmes on nous taxe en permanence, les raccourcis permanents et concentriques qui mènent de notre soutient gorge à notre éventuelle maternité. La seule reconnaissance que l'on nous fait d'un bon travail avec nos trippes mais pas avec notre tête. J'ai eu envie de lui demander si je pouvais lui demander une heure par jour pour alimenter mon projet pendant encore quelques mois. J'ai eu envie de lui demander si à chaque fois qu'il menait une reflexion à son terme il avait l'impression de jouir au moment du passage de l'ovule de sa femme.


Les hommes dans le monde du travail ne peuvent pas dissocier notre féminité de notre travail.


Pourtant combien d'effort faisons nous pour ne jamais en parler, ne jamais faire aucune référence à cette fragilité qui nous tiens. Moi la première, je fais toujours extrêmement attention à ce que rien de mon vécu féminin ne transparaisse. Vous ne trouvez- pas ?...

Je me suis arrêtée là. Le principale était fait, le projet a été accepté. Depuis j'ai quelques jours difficiles. Je me sens un peu vide. Je crois que je fais un projet blues....

Et pour compléter : un lendemain de cuite carabinnée (je m'étais finie au gin-gini, c'est dire...) j'avais une réunion super importante entre directeurs. Je suis arrivée grisâtre après avoir vomi mon café dans les toilettes de la direction générale. A la fin de la réunion, suivant cette bonne vieille tradition alcoolisée française et associative un apéritif était offert. Mon estomac s'est révolté devant la flûte de champagne. D'une toute petite voix j'ai demandé s'il était possible d'avoir un jus de fruit. J'ai encore en tête le regard ahuri du big one et surtout son magnifique mouvement du regard  déscendant d'un seul coup un bon mêtre pour vérifier si j'avais déjà pris du ventre face à cette preuve évidente d'une grossesse déjà en cours....

 

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