Partager l'article ! Indispensable versus indice pensable: Et il y a un élément redondant, sans lequel aucun service ne peut fonctionner correctement. Sou ...
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Le blog d'une blonde, chef de service pour...
Raconter, rire, pleurer du quotidien du travail social merdique, rude, désorganisé, éprouvant...
Aimer, me moquer, admirer, soufrir avec les miens et ceux qui m'entourent
Essayer, écrire, dessiner, raconter, rencontrer.
et lacher les chiens, déconner, fustiger pour mieux défouler !
Alice
Roman policier en cours d'écriture, enfilant les lieux communs du genre pour le plaisir d'écrire et par défis aussi ;-)
Allez ! siou plaît.....
Et il y a un élément redondant, sans lequel aucun service ne peut fonctionner correctement.
Souvent cachée derrière des portes dérobées, parfois exhibée comme un trophée par une équipe en position de force, utilisée par tous cependant, du directeur au chauffeur, de la technicienne de surface à la psychologue clinicienne.
On y vient tous et toutes même si au départ, de goût personnel, cela nous révulse l’estomac à 8h le matin.
C’est un rite de passage : il y a ceux qui ne savent pas et celles (et oui cela reste tellement féminin) qui savent l’utiliser.
Souvent il y a même une responsable ! Cela n’a rien a voir avec la convention collective, c’est une sorte de prise de pouvoir tacite. Aucune compétence particulière n’est requise si ce n’est un goût immodéré pour l’information dans tous ses états.
Autour d’elle se met en place une ordonnance militaire faite de plannings, de tours, de responsabilités. Quiconque ne lui porte pas allégeance en en prenant soin sera immédiatement lapidé, fustigé, voir interdit de visite.
Le rendez-vous journalier n’est accessible qu’aux seuls initiés et l’horaire, tout comme l’itinéraire permettant d’accepter à la rave party de l’année dans un champ breton, se perd dans les méandres du courrier mail interne.
La cafetière.
Il y a trois jours, drame insondable, la cafetière est tombée en panne. Cassé le petit bitoniot noir permettant d’enclencher le joyeux chant matinal.
Le premier jour personne n’a bougé. Petit à petit, de minuscules petits sachets de poudre noire ont fait leur apparition. Pour une fois les caféïnophiles ont adressé la parole aux théières pour obtenir de l’eau chaude.
Le deuxième jour, une douce plainte a commencé à s’élever parmi les partisans. La souffrance était palpable. Un manque criant de communication voir de considération était reproché à une équipe de direction désemparée. Les poitrines se soulevaient de plus belles dans un mélange de soupirs et de râle.
Le troisième jour, n’y tenant plus, le saint des saints est parti reconquérir le graal. Au super marché le plus proche il s’est acquitté de sa plus grande tâche : acquérir une magnifique toute nouvelle cafetière.
L’incompréhension a été totale. Le quatrième jour, sur le bureau, à la place habituelle, une magnifique cafetière à dosettes rutilait comme une harley prête à bondir.
Les dosettes étaient fournies, le sucre aussi. Ainsi qu’un lot de 300 petites tasses en plastic jetables.
Le café est excellent. Le moral nettement moins. Fini l’attroupement, fini le partage, fini le mélange, fini l’espace temps élastique de la pause justifiée par l’entartrage de la cafetière. Désormais, résonne dans les bureaux le grondement menaçant du percolateur.
Aujourd’hui, cependant une joie immense m’a envahie. Au détour d’un rendez-vous, en allant chercher un dossier j’ai aperçu dans un recoin utilisé normalement par seules les secrétaires et la standardiste une rallonge. Je m’en suis saisie et ai remonté le fil. Au bout, guillerette et de couleur jaune beurre frais une petite chose magnifique m’a rendu espoir : une magnifique cafetière à environ 10 euros achetée chez Lidl suite à une cotisation générale. Ainsi la vie avait elle repris le dessus, se moquant des entraves et des dangers, la cafetière renaissait de ces cendres.
J’ai refermé la porte doucement et surtout je n’ai rien dit. Je vais certes me coltiner encore quelques expresso (fameux il faut bien le reconnaître) avant qu’une manip malencontreuse, qu’un sabot mal placé (pour les étymologiste du sabotage !) ne viennent remettre les choses à leur place ! J’attends avec impatience le moment où par reconnaissance de mon travail de chef de service humaniste la plus vieille des secrétaires (celle qui me dit régulièrement que je pourrait être sa fille !) m’autorisera à m’intoxiquer de nouveau au mauvais café Lidl. Ce jour là une partie des tensions de l’organisation aura disparu.
A vous les théologiens de la communication, aux penseurs de l’organisation du travail, aux hérétiques de la fiche de poste, s’il vous plaît ne touchez plus aux cafetières… Dites vous que cet indice de la vie d'une structure est indispensable au bon fonctionnement de tout ce qui se doit d'être pensable dans notre activité !
Pour compléter : un jour mon chef de service de l’époque, me voyant redescendre avec ma tasse de café chaud et odorant à 8h m’a demandé : « pourquoi donc vous les femmes, commencez-vous toujours la journée par la pause café ? c’est pas le travail qui vous étouffe hein ?
- Tout simplement, parce que contrairement à vous les hommes, nous les femmes notre journée a commencé il y a plus de trois heures avant que je n’arrive au bureau ! » lui ais-je répondu sereinement..
Nous n’avons plus jamais abordé le problème de la pause café !
Des coms ho oui ho oui !