C'est kôa ?

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Le blog d'une blonde, chef de service pour...

Raconter, rire, pleurer du quotidien du travail social merdique, rude, désorganisé, éprouvant...

 Aimer, me moquer, admirer, soufrir avec les miens et ceux qui m'entourent

Essayer, écrire, dessiner, raconter, rencontrer.

et lacher les chiens, déconner, fustiger pour mieux défouler !

Alice

Les enquêtes de Thierry Bonika

Roman policier en cours d'écriture, enfilant les lieux communs du genre pour le plaisir d'écrire et par défis aussi ;-)

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Vendredi 24 juin 2011 5 24 /06 /Juin /2011 08:51

S’il y a une chose que j’ai comprise durant ces longues semaines de cerveau aux abonnés absents, de rupture d’avec le quotidien et de forte inclinaison aux envies d’ailleurs, c’est que le secteur social était fondamentalement différent de tous les employeurs que j’avais pu draguer depuis quelques dizaines d’années.

 

Quoi, JBDLS, tu ne comptes pas te reconvertir dans la vente de pierres précieuses dans une bijouterie de grand luxe ou ton charme et ton élégance légendaire feraient des merveilles pour plumer des amants infidèles soulageant leur culpabilité dans des achats mirobolants…. Ben non !

 

Parce que « 6 mois d’absence de blog », ne veut pas dire 6 mois d’absence de boulot, de dossiers et de gestion de conflit, de management de personnel et de petite et grosses surprise, de faiblesse et de lâcheté, de contrainte et de réussite, d’accélération et … d’urgence….

 

Ahhh l’urgence…. Ce que le cheval est à Omar Charif, l’urgence est au secteur social… Sa grande passion !!!

 

Il faut dire que (attention, je vais utiliser des gros mots qui fâchent), le secteur social ne peut pas s’enorgueillir de fabriquer du profit, d’engranger des dividendes, de faire avancer la science ou de transformer l’humanité ! Alors comme il faut bien se raccrocher aux branches d’autre chose qu’au palmier de la plage de sable fin que nous arpentons, le secteur social s’est dévolu une mission de taille : répondre aux urgences.

 

Et comment, sans passer pour une Marine Lepen en socquette, fustiger ce concept ???

 

Bien sûr qu’il y a urgence à donner à manger aux SDF de la rue, à améliorer la qualité de vie des polyhandicapés moteurs, à trouver des familles aux abandonnés et à accueillir les réfugiés Syrien !

Mais là où le travailleur social fait preuve d’une souplesse exemplaire c’est dans la reconversion de la notion « d’urgence » comme élément fondamental de sa mission. Ainsi tout devient urgence dans nos services.

Toutes demandes, toute velléité de contrôle ou de demande d’explication étant vécues comme une agression importante Répondre à ces demandes se fait donc immanquablement dans un sentiment d’urgence proche de la panique !

 

Dieu que me suis-je rongé le foie avec cette notion d’urgence pendant des années. Légèrement du style « stressée de la feuille » et passablement angoissée certainement, je bondissais d’une réponse à une autre, maudissant l’absence de ce quatrième bras qui m’aurait été tellement utile.

Je jonglais ainsi avec les dossiers avec une dextérité qui m’aurait valu un prix au festival de Cirque de Monaco (au fait vous savez que bientôt le prince Albert et…. Rrrroooo j’avoue j’achète Gala en cachette maintenant que je ne suis plus abonnée)….

 

Et puis, quand le cerveau s’arrête, quand l’à côté prend le dessus sur le tout de suite ici, arrive le jour tant redouté de l’échec à répondre à l’urgence.

« Le dossier Bleu » posé sournoisement sur votre bureau par le boss, avec un post’it "Urgent" au fluo posé dessus.

 

Et l’échéance qui arrive, qui s’approche d’abord sournoisement, puis à grand pas, pour être tout à coup juste derrière vous avec pour une fois le sentiment, la certitude que l’on ne va pas y arriver.

Et ce moment douloureux où l’on ferme les yeux, prêt à attendre la fin du monde, préparé à entendre le vacarme de Lucifer, les explosions de planètes dignes d’un blocbuster…. Et…. Et…. Rien…… Ensuite le silence.

 

Premier échec à répondre à l’échéance, toujours une urgence….

J’ai réouvert les yeux le lendemain prête à monter à l’échafaud, le col de la chemise déjà arraché pour mieux sentir le souffle de la guillotine sur mon cou…

Et il ne s’est rien passé.

 

Le directeur est passé à côté de mon bureau me saluant d’un jovial bonjour plein d’entrain, les collègues sont arrivés, la machine à café a ronronné. Culpabilisée à outrance, j’avais prévenu de mon incapacité à répondre à l’échéance qui s’était transformée en urgence…

Urgence pour moi seule en fait. Et le lendemain, l’obligation était déjà oubliée de tous…

 

Et sur mon bureau un nouveau dossier avait été déposé. Vert cette fois, et le directeur est passé, a entrebâillé la porte de mon bureau et m’a dit, « Dites JBDLS, vous jetterez un œil sur le dossier Machin, parce que là je pense qu’il y a urgence ! ».

Par jebossedanslesocial - Publié dans : Chef dans le secteur social ? pas possible???? - Communauté : HURLEMENT PRIMAIRE
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Commentaires

hihihi la valeur des mots... la valeur des maux ;)
ceci dit... quand je lis :
"Rrrroooo j’avoue j’achète Gala en cachette maintenant que je ne suis plus abonnée)….
Et puis, quand le cerveau s’arrête, quand l’à côté prend le dessus sur le tout de suite ici, arrive le jour tant redouté de l’échec à répondre à l’urgence. "

Si vous prenez le temps d'acheter (et de lire) Gala... pas étonnant d'avoir du mal à répondre à l'urgence sociale !!!

ça fait plaisir de vous lire à nouveau !
Commentaire n°1 posté par Dézinguette le 24/06/2011 à 09h06

En même temps, c'est pas ce qu'il y a à lire dans Gala qui me prend le plus de temps ;-) mais rêver au prince charmant çà...... la bise DEzinguette ;-)

Réponse de jebossedanslesocial le 25/06/2011 à 08h00
Comme quoi les urgence peuvent attendre. Dans un boulot nul n'est irremplaçable et comme le dit si bien mon Poux ronchon, "avant d'agir, attendons le contre ordre". Bises et bon vendredi
Commentaire n°2 posté par ZAZA le 24/06/2011 à 09h19

Et oui les urgences ne sont des urgences que jusqu'au moment où elles ne le sont plus !!!! Comment va Zaza ???? Merci d'être là et mille bises ;-)

Réponse de jebossedanslesocial le 25/06/2011 à 08h01
Ah !!!l'urgence, quand il n'y a pas mort d'homme à l'horizon, c'est pas bien grave. Le problème c'est tout le cinéma qu'on se brode dans la tête, genre le boss va me tuer, alors que des fois il n'y pense même pas. L'art de se rendre malade avant l'heure est propre à la plupart d'entre nous, c'est juste un gros formatage de très longue date comme beaucoup de choses d'ailleurs(depuis l'enfance) qui le jour où on décide de l'effacer, vous rend la vie extrêmement facile et le boss n'aura qu'a s'habituer à la nouvelle JBDLS :) Bah oui, faut pas donner des habitudes aux gens qui vous côtoient sinon......
Commentaire n°3 posté par Léonie le 24/06/2011 à 20h25

C'est vrai que c'est bcp plus simple une fois qu'on arrive à faire le pas. Si tu as vu Wallee, il y a un petit robot nettoyeur, qui a un mal de chien à sortir de son rail pour aller nettoyer en dehors du chemin dévolu..... Je suis pareil ;) J'adore quand il secoue du popotin pour se decaller !!!! Faut juste que je travaille encore un peu ma souplesse pour le popotin hihihi

Réponse de jebossedanslesocial le 25/06/2011 à 08h06
PS - j'ai remarqué une chose :
1) le boss à une larve sous ses ordres, il s'habitue à la larve et arrive à palier au problème en déléguant à quelqu"un d'autre.

2) le boss à une professionnelle dévouée sous ses ordres: il s'habitue et lui file le plus de boulot possible, il sait qu'il sait que qu'il peut compter sur elle.

Mais laquelle des deux va t-il récompenser??

je te laisse la réponse ;)
Commentaire n°4 posté par Léonie le 24/06/2011 à 20h32

J'veux même pas savoir hihihi

Réponse de jebossedanslesocial le 25/06/2011 à 08h06
Le plus dur est de faire le tri entre les vraies urgences, car il y en a parfois, et les autres. Et ne pas oublier les objectifs à moyen et long terme qui finissent par devenir des urgences si on les délaisse en permanence pour les fausses urgences de court terme. Et appeler le 15 en cas de panique.
Commentaire n°5 posté par Juntos le 26/06/2011 à 10h23

15 !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Mais si les fausses urgences deviennent des vraies urgences quand le temps urge, alors les vraies urgences immédiates deviennent quoi quand l'échéance est passée ????? As-tu un entonnoir à me preter ;-) bisous juntos

Réponse de jebossedanslesocial le 28/06/2011 à 09h28
Eh oui, chère BDSL, l'urgence est utilisée par les boss pour maintenir la pression et éviter la routine dans l'équipe. Un peu comme la jalousie chez les amants passionnés ! :-)
Commentaire n°6 posté par Carlus le 27/06/2011 à 06h04

Non mais j'y crois pas Carlus, et c'est qui cette blonde chez qui tu laisses des commentaires à d'autres articles que chez moi, et avec des smiley aussi et des bisous !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Je ne suis pas d'un naturel jaloux mais alors là vraiment me faire çà à moi ! hihihihi Bisous Carlus ;-)

Réponse de jebossedanslesocial le 28/06/2011 à 09h30
Une bouffée d'air frais !!!
Très récemment arrivé comme chef de service dans le secteur social, un petit bonheur de pouvoir lire de tel article.... je me sens du coup beaucoup moins seule !!! Car je l'avoue du bout des lèvres, confuse, honteuse, j'ai une très grande tare, un vice caché, un défaut impardonnable aux yeux des grands chefs de la région.... je ne viens pas du secteur social ! (cela fait du bien de le dire. Et oui des longues études terminées avec difficultés par une option "gestion des organisations sociales" ne suffit point pour rentrer dans ce secteur qui se veut tolérant mais qui reste, au fond, plus fermer que jamais ! Donc au lieu de rencontrer des dirigeants ouverts, compréhensifs, prêt à partager leur savoir et à m'initier dans la tolérance de la différente à leur sacro saint "milieu", je ne suis fait avoir en "beauté". Deux réunions ont suffit pour me faire tailler un costume. Ce qu'on me reproche vous allez voir est .... constructif "elle parle trop" (il est vrai que lorsque je mange avec 8 personnes et que le silence se fait, je tente, inconsciente que je suis, de combler les vides) "elle se disperse", elle parle trop des situations (thème de cette réunion : échange de pratiques et réflexions sur les difficultés rencontrées.... tellement constructif lorsqu'on ne peut pas parler de ce qu'on vit au quotidien).... donc s'en suit un savon de mon directeur (forcément il n'apprécie pas trop les retombées à très grandes échelles de ces deux malheureuses réunions) et pour moi la sensation surprenante d'avoir essayé de courir partout, de gérer au quotidien la fameuse URGENCE, de faire le double des heures que je dois (pourquoi pour qui je me le demande !!) de temporiser les conflits, de satisfaire tout le monde .... tout ça pour que la seule chose que ma hiérarchie remarque c'est que lors d'un repas où je ne me sentais pas du tout à l'aise, j'ai trop parlé !!!
Au fond j'aurais sûrement dû resté dans le milieu des entreprises, au moins j'aurais moins de désillusions !!! Mais bon c'est sans compté sur les très bons moments passés avec les usagers, et tout le reste qui au fond vaut sûrement le coup :)
En tout cas merci pour ce moment de rigolade, je retrouve un peu le moral en comprenant que je ne suis pas la seule à courir dans tous les sens
Commentaire n°7 posté par maille35 le 01/05/2012 à 10h49
 
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